L’été change le rythme des familles. Il y a les trajets, les journées plus longues, les repas qui s’étirent, les siestes parfois bousculées… et les écrans peuvent vite devenir une solution pratique pour occuper un enfant quelques minutes, préparer un repas, passer un appel ou souffler un peu.

 

L’idée n’est pas de viser des vacances parfaites, ni de transformer chaque journée en programme éducatif. Mais cette période peut être l’occasion de redonner un peu plus de place à ce dont les jeunes enfants ont le plus besoin pour grandir : bouger, jouer, parler, toucher, explorer, imiter, inventer, rire et partager du temps avec les adultes.

 

Une récente étude de l’OCDE, menée auprès de plus de 23 000 enfants de 5 ans dans plusieurs pays, rappelle une idée simple : les jeunes enfants apprennent d’abord dans les expériences concrètes et dans la relation. Lire une histoire, chanter, discuter, jouer ensemble, sortir, manipuler des objets, faire semblant, observer la nature ou participer aux petits gestes du quotidien sont des activités très riches pour leur développement.

 

Ces moments aident l’enfant à développer son langage, son attention, sa mémoire, ses premières notions de logique, mais aussi sa capacité à attendre, à comprendre ses émotions et à entrer en relation avec les autres. À l’inverse, les activités numériques ont des effets plus faibles et moins réguliers. Le sujet n’est donc pas seulement le temps passé devant un écran, mais surtout ce que l’écran remplace.

 

Quand un enfant regarde longtemps un écran, il parle souvent moins, bouge moins, touche moins, invente moins, observe moins ce qui se passe autour de lui. Il a aussi moins d’occasions de s’entraîner à attendre, à gérer une petite frustration, à jouer seul ou avec les autres. Or ce sont précisément ces petites expériences du quotidien qui construisent ses repères.

Alors, un dessin animé, oui ou non ?

 

Pour les enfants de moins de 3 ans, le mieux est d’éviter les dessins animés, les vidéos et les écrans de divertissement, même en bruit de fond. À cet âge, l’enfant a surtout besoin de visages, de voix, de gestes, de livres, de comptines, de jeux au sol, de manipulation et de mouvement. L’appel vidéo avec un proche peut faire exception, parce qu’il y a une vraie interaction : l’enfant voit quelqu’un qui lui parle, lui répond, l’appelle par son prénom.

 

À partir de 3 ans, un dessin animé peut parfois avoir sa place, à condition d’être bien cadré. Par exemple : un épisode court de 10 à 20 minutes, choisi par l’adulte, avec un contenu adapté à l’âge de l’enfant, sans enchaînement automatique, dans une pièce commune, et pas pendant le repas ni juste avant le coucher. Le cadre aide beaucoup l’enfant : “On regarde un épisode, puis on éteint et on va jouer dehors, prendre le bain ou lire une histoire.”

 

L’écran devient plus préoccupant lorsqu’il s’installe dans les moments clés de la journée : au réveil, à table, avant de dormir, pour calmer chaque colère, pour occuper l’enfant dès qu’il s’ennuie, ou lorsqu’il tourne en fond sonore pendant que l’enfant joue. Il faut aussi être attentif si l’enfant réclame l’écran très souvent, a beaucoup de mal à l’arrêter, joue moins sans écran, dort moins bien, parle peu pendant les temps d’écran ou semble ne plus trouver d’intérêt aux jeux simples.

 

Le bon compromis, pendant les vacances, peut être de faire de l’écran une solution ponctuelle plutôt qu’un réflexe automatique. Un temps court, annoncé à l’avance, avec un contenu choisi, peut dépanner. Ce qui compte ensuite, c’est la transition : proposer quelque chose de concret après l’écran aide l’enfant à passer à autre chose. “On éteint, et maintenant on va arroser les plantes”, “On va faire des bulles”, “Tu choisis une histoire”, “On prépare le goûter ensemble”.

 

Pour aider les parents dans les moments où ils ont besoin de quelques minutes, on peut aussi préparer une petite “boîte calme” : quelques livres, des gommettes, des crayons, des figurines, des petites voitures, des doudous, des cartes imagées, de la pâte à modeler selon l’âge, ou quelques objets à trier et manipuler. Cela ne remplace pas toujours l’écran, mais cela donne une alternative prête à l’emploi.

 

Cet été, l’objectif peut donc être simple : remplacer quelques temps d’écran par des moments de jeu, de dehors ou de partage. Une bassine d’eau à transvaser, une cabane avec un drap, une chasse aux cailloux, une histoire lue à deux, une chanson, un ballon, une recette à mélanger, une promenade, un dessin à la craie… Ces activités n’ont pas besoin d’être longues ni compliquées. Elles sont précieuses parce qu’elles mettent l’enfant en mouvement, en langage, en imagination et en lien avec les autres.

 

Moins d’écrans, ce n’est pas forcément plus de contraintes. C’est souvent simplement plus de place pour les expériences qui font grandir.

 

5 idées simples pour remplacer un temps d’écran pendant les vacances

La boîte calme

Quelques livres, des gommettes, des crayons, des figurines, des petites voitures ou des cartes imagées dans une boîte que l’on sort quand l’adulte a besoin de quelques minutes.

Les jeux d’eau

Une bassine, deux gobelets, une cuillère, quelques bouchons : transvaser, remplir, vider et recommencer suffit souvent à occuper un enfant longtemps.

La chasse aux trésors

Chercher trois feuilles, deux cailloux, une fleur jaune, quelque chose de rond, quelque chose de doux… Une balade devient vite un jeu.

La cabane improvisée

Un drap, deux chaises, quelques coussins, une lampe de poche : l’enfant invente son univers, cache ses doudous, invite ses peluches, raconte des histoires.

Le petit coup de main du quotidien

Laver les légumes, mélanger une pâte, arroser les plantes, mettre les serviettes sur la table, ranger les pinces à linge : les jeunes enfants adorent participer aux gestes des grands.